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entretien avec camille louzon



Parcours

Après un bac Arts plastiques je me suis dirigée vers
une prépa aux Ateliers de Sèvre. À cette époque où
je n’étais pas encore sûre de ma voie, j’ai rencontré
des professeurs qui m’ont appris à apprécier l’image,
la couleur, le dessin. J’ai compris que je voulais
me diriger vers le dessin et la peinture. J’ai ensuite rejoint la section illustration des Arts décoratifs
de Strasbourg, je voulais quitter Paris et j’avais eu
de très bons échos de cette section. Aux Ateliers
de Sèvre, je me suis rendue compte que j’étais un peu formatée, tous les élèves finissaient par produire
les mêmes images, je voulais quelque chose de moins scolaire.


Influences

Encore aujourd’hui, mes influences se trouvent autant du côté des peintres que chez les illustrateurs ou les dessinateurs. J’aime la peinture de Francis Bacon : le malaise, les couleurs, sa façon de peindre… son œuvre me parle beaucoup. J’adore aussi Hopper et son côté narratif, sa peinture est très théâtrale. J’ai compris plus tard pourquoi j’aimais tant la peinture narrative. J’aime aussi David Hockney. Le peintre que j’admire par dessus tout et que je considère presque comme un illustrateur c’est le Douanier Rousseau ;il raconte tant en une seule image.
Lionel Koechlin est un illustrateur qui me plaît particulièrement. J’apprécie la manière dont il travaille la couleur et dont il découpe ses formes, on a l’impression de voir du papier découpé.

Comment as-tu évolué vers ta technique actuelle?

J’ai d’abord tatônné avec une tecnhique aux crayons de couleurs qui restait trop minutieuse. Lorsque j’ai découvert la gouache j’ai vraiment trouvé ma forme. Je crée mes images par la masse et par la couleur et pas par le trait ou la ligne. Je suis très sensible à la couleur, à la matière, même si j’adore le dessin. J’aime aussi le travail sur les papiers découpés, une manière de ciseler directement la couleur.

Est-ce que tu peux nous présenter Le Ventre de Basile?

J’ai eu envie de créer un personnage à qui il manquait quelque chose et qui allait tout faire pour combler ce manque. Le ventre est un élément très symbolique pour les enfants car c’est quand même de là d’où l’on vient ! J’avais aussi envie de parler de matières et d’éléments : de l’eau, de l’herbe, du feu…

Peux-tu nous présenter ta méthode de travail?

Je travaille à partir d’un story-board. Je suis partie de chaque matière de base en me demandant ce qui pourrait arriver à chaque fois à ce pauvre Basile. Je fais très peu de croquis en amont, je préfère aller très vite à la peinture pour ne pas perdre de spontanéité. Quand je commence à peindre, je sais comment
va être mon image mais pas avant.
Mon image vient en peignant.

Ton rapport au livre

J’ai toujours eu beaucoup de livres chez moi. J’aime la dimension physique qu’un livre installe entre un récit et le lecteur. Quand j’ai commencé à réfléchir en terme de livre aux Arts déco je me suis rendue compte qu’au delà de l’illustration, c’était créer par le biais d’un objet total qui m’intéressait.

propos recueillis par JM
01/2013



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